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Gold rush! … sur nos tranchées

Une grande partie de nos permis de recherche reste encore inaccessible, mais en ce début octobre on profite de la décrue qui s’amorce pour nous rendre dans le village de K. Une surprise nous y attend : une ruée vers l’or. Rien de très original dans la région, seul hic : la zone orpaillée est centrée sur des tranchées d’exploration que nous avons ouvertes il y a quelques mois a peine. Une cible prometteuse que l’on prévoit de tester par des forages très prochainement, dès que la région sera accessible aux machines.

Les orpailleurs ne travaillent ici que depuis quelques jours mais les parois des tranchées sont déjà percées de multiples trous : toutes les veines de quartz que l’on a recoupées ont été suivies par des galeries qui communiquent d’une tranchée a l’autre. Apres plusieurs tests sur les différentes veines, presque tous les mineurs se sont concentrés sur la veine la plus riche. Ils sont trop nombreux dans cette galerie étroite, faisant la queue pour avoir accès au front de taille et remonter leur précieux mélange de quartz et latérite aurifère.

Le problème est maintenant de pouvoir cohabiter au mieux avec les villageois sur ce prospect et les autres cibles de la région. Si les travaux continuent à cette allure il sera impossible de mettre en place les machines de forage sur la zone étant donné les risques d’effondrement. L’orpaillage artisanal est une tradition séculaire dans la région. Même si la concession minière attribuée a la compagnie nous donne théoriquement le droit d’interdire toute forme d’orpaillage clandestin, il n’est pas concevable d’expulser les orpailleurs travaillant leur découverte. D’autant plus que ces travaux d’orpaillage s’intéressent la plupart du temps aux gites alluvionnaires ou éluvionnaires. Des petits gites superficiels dont le volume n’a rien à voir avec les gros gisements primaires que l’on recherche.

Cependant ce cas est un peu particulier, puisqu’ils exploitent une nouvelle cible identifiée à la suite de nos travaux. De plus avec les nombreuses tranchées que l’on a creusées dans la région, le risque de contagion est grand, ce qui mettrait rapidement en péril tous nos programmes d’exploration. Une longue période de palabre s’engage donc avec le duti (chef du village) pour tenter de régler la situation. Le sous-préfet doit également être averti pour faire un peu pression sur le duti, mais ce n’est pas vraiment de gaieté de cœur que nous l’informons. Une fois les autorités au courant du rush, des militaires seront envoyés sur place. Ils sont tous attirés par les chantiers d’orpaillage, non pas pour accomplir leur devoir de maintient de l’ordre mais plutôt pour racketter les orpailleurs. Et ils rendent bien souvent la situation plus compliquée encore.

En attendant je fais une rapide visite au duti pour marquer le coup, mais je laisse a Kourouma, notre géologue superviseur en charge de la région, le soin de le convaincre. Cela nécessitera plusieurs visites pour obtenir des résultats, mais finalement au bout d’une semaine l’activité cesse sur le chantier. Ils sont bien conscients que nous allons embaucher de nombreux villageois pour nous assister dans les travaux d’exploration. Une source de revenue moins aléatoire que l’orpaillage – à ce moment là du moins.

Première tranchée: bon ce n'est pas si terrible...

Première tranchée: bon ce n’est pas si terrible…

Seconde tranchée: ah oui quand même....

Seconde tranchée: ah oui quand même….

Laissez passer s'il vous plait...

Laissez passer s’il vous plait…

Un solitaire, sur sa veine...

Un solitaire, sur sa veine…

Même le parking est bondé...

Même le parking est bondé…

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