Quelles études pour être embauché dans les géosciences dans un contexte de crise ?

Avec la crise actuelle qui touche le domaine des matières premières, il est de plus en plus difficile pour les étudiants en géologie de trouver un premier emploi au terme de leurs études. Partout les budgets se resserrent et les embauches se font très rares; décrocher un simple stage devient un tour de force.

Afin d’optimiser vos chances, voici quelques conseils sur des aspects très pratiques.

Les études en géosciences peuvent être relativement courtes, ou très longues (2 à 5 ans, voire 8 ans). Etant donné l’irrégularité des cycles économiques actuels et les mutations du marché du travail qui en découlent, personne ne peut avoir de visibilité sur l’avenir et prévoir à l’avance LE domaine porteur qui embauchera au moment de l’achèvement du cursus, même le plus court.

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Dans cette perspective une formation polyvalente permet de s’insérer plus facilement sur le marché du travail quel que soit l’avenir. Un bémol toutefois : le système est tel que seules les formations courtes de géologie appliquée (bac+2 / bac+3) offrent cette polyvalence. Au-delà, les masters et autres écoles d’ingénieur demandent à leurs étudiants de se spécialiser en quatrième année.

A défaut d’une véritable polyvalence, certains diplômes bac+5 donnent une double compétence : informatique appliquée à la géologie (SIG essentiellement) ; ressources minières et environnement ; ressources minières et hydrocarbures, etc… Pour ajouter une corde à son arc, il y a également la possibilité de faire un DU sur cette autre compétence complémentaire à la géologie.

Développer une compétence linguistique en étudiant à l’étranger est également une piste, en Europe via le programme Erasmus, ou plus loin… Viser un pays à vocation minière est une idée séduisante, mais le marché est actuellement saturé dans les pays auxquels tout le monde pense (Canada, Australie). A tel point que même les géologues locaux ne trouvent plus de travail.

Lorsque le marché de l’emploi est déprimé comme c’est actuellement le cas, une des solutions par défaut est de prendre son mal en patience en poursuivant ses études par une thèse en espérant que la situation sera plus favorable 3 ans plus tard. C’est une option, mais cela signifie également se spécialiser encore un peu plus. Sans compter que lorsque tout le monde emprunte la même voie, et que dans le même temps la situation économique n’évolue pas, on ne fait que décaler dans le temps le problème…

Enfin on oublie trop souvent que la possibilité de prolonger ses études a pour corollaire la possibilité de les raccourcir. Il est naturel que ce ne soit pas une évidence pour un étudiant passionné, doué dans son domaine et plein d’ambition. Mais lorsque les opportunités se font rares, cela mérite peut-être d’y réfléchir.

Ça s’adresse bien sûr aux plus jeunes des étudiants : quelle que soit votre ambition finale (bac+5 ou bac+8), lorsque vous faites le choix de votre formation, faites en sorte d’avoir la possibilité de vous faire embaucher à plusieurs étapes de votre cursus afin de ne pas rater LA phase de reprise avec ses embauches. Dans cette optique, même si vous envisagez une thèse, commencez par un BTS ; puis une spécialisation avec bac+3 ; puis un master ou une école d’ingénieur ; enfin une thèse. Si la reprise a lieu dès la fin de votre bac+2 et que vous  avez une opportunité dans le domaine qui vous plait, ne la ratez pas ! Vous serez quitte à reprendre vos études plus tard, par choix ou par nécessité…

Les embauches sont etroitement liees au cours des matieres premieres (Nickel ici).

Les embauches sont étroitement liées au cours des matières premières très volatils ces dernières années (exemple du nickel).

Le parcours classique en fac ou en école d’ingénieur qui offre une seule véritable fenêtre de tir à bac+5 est à mon avis très handicapant dans le contexte actuel. Seule l’année de césure, bien que brève et tardive, pourrait être un compromis pour interrompre ce type de cursus au moment opportun.

Gardez à l’esprit que tout cela fonctionne par cycles et que les retournements peuvent être très brutaux. Tout est une question de timing! J’ai en tête l’exemple de stagiaires Master2 à qui on a proposé un job dans les années 2010-2011 et qui ont préféré continuer leurs études – aujourd’hui la plupart s’en mordent les doigts.

N’hésitez pas à partager vos expériences sur le sujet.

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2 réponses à Quelles études pour être embauché dans les géosciences dans un contexte de crise ?

  1. Robert F. Martin dit :

    Je cherche à avoir accès à une photo en haute résolution de l’asbolane de Nouvelle-Calédonie que j’ai vue sur le site Mindat. En plus, une photo de la chromite en cristaux idiomorphes me plairait beaucoup. Je prépare un livre sur les minéraux découverts en France et ceux qui sont nommés en l`honneur de Français. J’espère réussir à établir un contact avec vous!

  2. Abdoul Wahab adama alassane dit :

    Bonsoir s’il vous plaît j’aimerai participer si possible a vos débats parce que je suis étudiant en géologie’ je suis boursier de l’État Nigérien en Algérie. A cet effet est ce que selon vous entre hydro sciences et géosciences laquelle des deux est plus ptomottrice????

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