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Bassin Houiller de Decazeville

Le bassin houiller de Decazeville tient une place particulière dans l'histoire minière de l'Aveyron.

On a vu que jusqu'à la révolution industrielle les métaux recherchés dans le Rouergue étaient le plomb argentifère et le cuivre avec comme centres miniers Villefranche, Najac et Millau. Bien que l'exploitation de la houille dans la région d'Aubin-Cransac soit antérieure au XVème siècle, il s'agissait d'une exploitation saisonnière sans méthode.

Au XIXème siècle la région va devenir un bassin industriel important avec l'exploitation de la houille et des couches à nodules ferrugineux, alimentant des usines sidérurgiques. Suivra ensuite l'implantation d'une usine métallurgique du zinc à Viviez. Ainsi les les gîtes métallifères vont connaître un regain d'activité extractive.



Historique

L'exploitation de la houille dans le bassin de Decazeville est antérieure au XVème siècle. Cette exploitation effectuée par les paysans de la région durant l'hiver était sans méthode et les accidents nombreux. Les couches proches de la surface permettaient souvent une exploitation à ciel ouvert : les charbonnières.
C'est en 1812 que les premières demandes de concession arrivent à la préfecture. Après son passage comme ambassadeur en Angleterre, en 1820 le Duc Decazes est impressionné par l'industrie galloise et décide de créer un centre sidérurgique similaire en France.
Quatre ans plus tard il négocie les concessions de fer de Montbazens, Aubin, Mondalazac, Kaymar et celles de charbon du bassin, puis demande l'autorisation d'implantation des hauts-fourneaux. C'est la proximité de gisements de fer et houille qui semble l'avoir dirigé vers l'Aveyron.
Ainsi en 1826 il crée la Compagnie des Houillères et Fonderies de l'Aveyron sous la direction de l'ingénieur ruthénois François Gracchus Cabrol. Les premiers hauts fourneaux sont implantés à la Forézie près de Firmi. La première coulée de fonte a lieue dans la nuit du 25 décembre 1828. L'usine comprenant 3 hauts-fourneaux est terminée en 1831 mais Decazes veut porter à 10 le nombre de hauts-fourneaux. Le plateau de la Forézie étant trop petit on opte pour le domaine de Lagrange quelques kilomètres plus à l'ouest pour accueillir la nouvelle usine. En novembre 1831 la ville qui s'est développée autour des mines et des usines prend le nom de Decazes-ville. La production dépasse 33 000 t de fonte, 16 000 t de rails, 4 000 t de fers marchands. En 1842 c'est la plus importante usine sidérurgique française avec 2258 ouvriers et 2715 habitants. L'entreprise emploie 6500 ouvriers au milieu du XIXème siècle. Cependant en 1855 le traité de libre échange provoque l'apparition des fers anglais en France et porte un rude coup à l'usine, la liquidation judiciaire de la société intervient en mai 1865 : deux hauts-fourneaux seulement sont en feu. Cependant Schneider, propriétaire du Creusot la rachète et une Société Nouvelle des Houillères et Fonderies de l'Aveyron est créée en 1868. Deseilligny, son gendre, devient directeur de la société. Député en 1869, maire à partir de 1871, puis deux fois ministre de l'industrie, il donne une nouvelle impulsion à la société soutenue par les commandes nombreuses dues au conflit de 1870.
Mais la mort de ce dernier provoque la misère, les grèves et l'émigration de nombreux ouvriers vers les USA. Grâce au charbon l'activité est maintenue.
La société est rachetée en 1892 par la Société Commentry-Fourchambault. De gros investissements sont alors réalisés pour moderniser les infrastructures et nouvelle période de prosperité démarre . La société prendra le nom de Commentry-Fourchambault-Decazeville en 1899. En 1892 est ouverte la découverte de Lassalle.
En 1901 sont construits à la Forézie trois fours à griller le minerai provenant de Mondalazac par voie-ferrée. On élève à Decazeville les premiers nouveaux hauts-fourneaux beaucoup plus productif. En 1914 les usines fourniront 150 000 t d'acier et elles tourneront à pleine capacité durant toute la guerre.
Mais la concurrence de l'Alsace-Lorraine et du Nord-Pas-de-Calais n'est pas endiguée par les modernisations des aciéries et laminoirs. Il faut encore attendre 1939 et la guerre pour permettre une véritable relance.

Les houillères sont nationalisées en juillet 1946 et rattachées avec les autres de l'Aveyron et celles du Tarn dans les Houillères du Bassin Aquitain. Le plan Marshall contribue à la modernisation du matériel de la Découverte de Lassalle. En 1949, débute la construction d'une centrale thermique à Penchot.
Les usines sont désormais séparées des mines et les Usines Chimiques et Métallurgiques de Decazeville sont alors créées.
Mais Decazeville est durement touchée par le Plan Charbonnier de 1960. Dès 1965 la production est réduite de 2/3 malgré la grève de 66 jours de l'hiver 1961-62. Le dernier puits à fermer est celui du Bourran en 1966. Seuls subsisteront les travaux à ciel ouvert en Découverte jusqu'en 2000.

Pendant plus d'un siècle, le bassin industriel aura fournit à la France de la houille, de la fonte, de l'acier, du zinc, de l'ammoniac, du goudron, du verre, des rails...


Les Découvertes

A Decazeville (comme dans les autres bassins houillers du Massif Central) la présence de couches de houille à l'affleurement ou très proches de la surface et le contexte tectonique conduisant au developpement d'énormes anticlinaux ont permis très tôt l'exploitation à ciel ouvert, en Découverte.

C'est à Firmi, après un incendie dans une mine souterraine en 1831, qu'est creusée la première Découverte du bassin. La Découverte de Lassalle qui ouvre à son tour en 1892, fut la première grande exploitation française de ce type. Vers 1900 elle produit environ 100 000 t par an.

Découvert de Lassalle, 1900 (Archives ASPIB) Découverte de Lassalle, 1989 (photo Michel Gineste)



Les houillères embrasées de Decazeville

Les terrils houillers ainsi que les massifs miniers eux mêmes peuvent entrer spontanément en combustion dans certaines conditions.

Ce phénomène est connu depuis des centaines d'années dans le bassin de Decazeville. Il est même probable qu’il se soit activé sans l'intervention de l'homme dans certaines zones, notamment sur le site de la Montagne qui Brûle dont la combustion alimentait une activité thermale dès l'époque romaine.

Incendie en surface, D. de Lassalle (1989) Remblais emflammés, D. de Combes (1992)
Efflorescences de salmiac, Decazeville (1997) Incendie en surface, efflorescences de soufre, D. de Lassalle (1992)

 

Minéralogie

Minéraux des houillères embrasées (sublimation et pyrométamorphisme + altération)

Soufre Kalinite Schreibersite
Salmiac Arsénolite Rammelsbergite
Réalgar Claudetite Vivianite
Orpiment Alunogène
Gypse Halotrichite

 

Soufre, D. de Lassalle, coll. CG, photo Françoise Marin Soufre, Decazeville, coll. CG, photo Robert Vernet
Soufre dans brèche de porcelanite, Decazeville, coll. CG, photo RV Soufre, Decazeville, coll. CG, photo RV
Salmiac, Decazeville, coll. CG, photo RV Salmiac, Decazeville, coll. CG, photo RV
Salmiac, Decazeville, coll. CG, photo RV

 

Les autres minéraux rencontrés dans le houiller de Decazeville :

Sidérite Pyrite Goethite
Calcite Marcasite Hematite
Barytine    
Quartz    

 

Barytine (géode dans pélosidérite), Lassalle, coll. CG, photo RV Pyrite dans schiste houiller, Lassalle, coll. et photo CG
   

 


Réhabilitation des houillères (octobre 2002)

 

 


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